mercredi 11 août 2010

Rapport moral

Je remercie le Maire du Bois-Plage, Jean Pierre Gaillard pour son accueil, ainsi que les élus présents, nos invités et nos membres qui assistent à cette 56 eme Assemblée Générale. Deux mots résument l’année écoulée depuis notre dernière Assemblée Générale : SCoT et Xynthia. Une procédure qui nous projette dans les dix ans à venir et un événement climatique exceptionnel.

Le SCoT
Je rappelle que votre Association a été la seule désignée pour participer au Comité de Pilotage, qui sous la présidence du Préfet a vocation à élaborer et à mettre en oeuvre le projet de développement futur de Ré.

C’est une grande responsabilité, pour nous tous et vis-à-vis des autres associations de l’île. Notre longue histoire, l’implication des nos membres dans la vie rétaise, la compétence de nos instances : Conseil d’Administration et Bureau, sous la direction de nos présidents successifs ont conduit le choix de la Communauté des Communes que je remercie sincèrement. Je tiens aussi à souligner les relations ouvertes et efficaces que l’AIR entretient avec la CDC, son Président, son personnel, les Maires et les autres associations.

Le pont va demeurer payant après 2012 du fait du maintien (mais à quel niveau ?) de l’écotaxe, qui va générer des ressources financières devant être affectées en priorité à la sauvegarde de notre île. Cela étant, avant de cibler les dépenses, il faut commencer par poser les problèmes et fixer les enjeux. C’est donc la première étape dans l’élaboration du SCoT : « diagnostic et état des lieux ». Le résultat: deux rapports (en ligne sur le site de la CDC). Ceux-ci intègrent dans leur version 3, les observations de 3 réunions de concertation avec les associations et de 2 comités de Pilotage. Cet exercice difficile ne peut totalement satisfaire chacune des parties prenantes, y compris l’AIR. Le fait que les rédacteurs ne soient pas « rétais » apporte une certaine neutralité, mais ce regard extérieur doit savoir dans la collecte d’informations distinguer entre intérêts collectifs et position partisane: cas du rapport SOGREAH (2003) sur sa partie écluses pour le Conseil Général et la DDTM. Une bonne analyse étaye un diagnostic pouvant dégager des solutions respectueuses du nécessaire équilibre entre de multiples enjeux. Or au stade actuel du diagnostic subsiste des réserves qui, parfois sur des détails, génèrent des inquiétudes qu’il faut lever. Il en est ainsi notamment sur la constructibilité résiduelle et ses conséquences directes (aménagements…), le niveau actuel de la capacité d’accueil, les transports bien sûr et de l’environnement, à l’exemple de la restauration du fier d’Ars et de la fosse de Loix et de la défense des côtes. Sans oublier deux gros thèmes : les activités primaires et le Schéma de Mise en Valeur de la Mer! Tout ces points sont abordés dans notre dernier Bulletin ou sont détaillées prés de 50 propositions concrètes destinées à enrichir le PADD (Plan d’Aménagement et de Développement Durable) qui doit achever le cycle SCoT en fin d’année.

Ré est un territoire fini, qui depuis la construction du pont mis en service en 1988 s’est très rapidement développée : trop ? Mais n’y-a-t-il pas une limite ? Pourra-t-elle conserver ce cadre de vie, sa qualité, son charme, pour le bonheur de nos enfants et petit enfants. Tel est l’enjeu du SCoT, résumé par le Préfet sous l’appellation de « développement qualitatif ». Nous serons donc vigilants et fermes face à de potentielles dérives.


XYNTHIA
Il y a ceux qui ont vécu en direct cette tempête et ceux qui depuis en ont constaté les conséquences. Phénomène violent, douloureux et contre lequel il est difficile de se défendre. Quoique…

La solidarité, la réaction des rétais, du Conseil général, de la Communauté des Communes et des Commune a été exemplaire, mais il reste encore à faire. Le risque 0 n’existe pas, aussi il n’y a pas de défense absolue contre un tel événement. Pour autant il ne faut pas abandonner notre île aux éléments, laisser faire la Nature reprendre ses « droits ». D’un coté il y a le droit de la protection des biens et des personnes et aussi le fait que l’île a été façonnée, protégée, défendue par ses habitants. Les digues sur les côtes, les marais, les cultures, les villages sont, sur plusieurs siècles, une histoire d’hommes et de femmes. La nécessaire entreprise de restauration - à l’identique – des ouvrages détériorés, certes indispensable, doit d’abord améliorer l’efficacité réelle de nos défenses afin de prévenir de possibles événements semblables. Il nous faut innover, chercher d’autres solutions et abandonner celles qui ont échoué (dans certains cas) : les pieux en bois, le ré-ensablement… Nos écluses à poisson étaient non seulement des pêcheries mais aussi des ouvrages de défense des côtes; elles avaient l’avantage d’amortir la houle, de briser les vagues et de diminuer le courant latéral de dérive littorale et donc de favoriser la sédimentation. Dans le passé, prés du Phare des Baleines, au début de la Conche, une grande jetée édifiée pour la construction des Baleinaux a protégé durablement la plage de l’érosion. Partant de cet exemple, il faut expérimenter l’implantation de brise-lames sur nos côtes.

Le PPR globalement réaliste a bien correspondu aux zones inondées, doit être revu sur quelques points et décliné par chaque commune en Plan Communal de Sauvegarde. Mais cela est insuffisant dans l’éventualité, certaine mais imprévisible, d’un futur vimer. Aussi il est souhaitable de confier à des spécialistes européens, une étude d’orientation de travaux futurs.

En attendant, il faut inviter les responsables et les « spécialistes » du Conseil Général à expliquer clairement à la population rétaise résidente et à leurs élus leur politique sur ce sujet et expliciter leurs choix techniques ; ce n’est là qu’un simple exercice de démocratie.
2010 restera une année particulière.

Merci à tous

Pierre Bot

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