lundi 10 novembre 2008

Ile de Ré : Aménagement du territoire et transports en commun

Avant propos :

Il n’y a pas d’autre dossier plus important pour l’avenir de l’Ile de Ré que celui des transports collectifs car de sa bonne résolution dépendra l’évolution des problèmes d’emploi, de démographie, d’écoles, de nuisances et de pollution dues au trafic routier, de qualité de vie aussi pour tous, résidents principaux, semi-permanents, secondaires ou touristes.

Il n’y a pas d’autre dossier sans doute qui nécessite que soit adopté rapidement un plan d’ensemble clair et crédible compte du temps nécessaire pour transcrire les décisions rendant ce plan applicable dans les schémas d’urbanisme, pour procéder aux acquisitions foncières qui seraient nécessaires, pour faire les études de détail, pour obtenir les financements, pour faire adopter peut être une loi permettant de prolonger le péage du pont à cet effet, pour procéder aux appels d’offres, signer les marchés, réaliser les travaux

Or, toutes ces dernières années, on n’a entendu que des doléances, mais aucune proposition globale applicable à moyen et long terme. Les Rhétais ont passé leur temps à craindre l’envahissement qui serait consécutif à la fin du péage, sans comprendre qu’il leur fallait faire des propositions pour résoudre à terme de façon écologique le problème de transport se posant non seulement à eux mais aussi aux habitants du département et aux touristes : Il est plus facile d’obtenir des textes législatifs si on est positif et non négatif, soucieux de résoudre un problème d’intérêt général et non seulement de préserver son pré carré et la totalité des avantages financiers existants.

Le but de cette note, remise dans une première version très proche de celle ci, en septembre 2008, au Président de la Communauté de Communes, est de lancer le débat à partir de propositions, à affiner certes, mais que je crois réalistes dans leurs grandes orientations et pouvant résoudre le problème, au terme d’une dizaine d’années d’efforts il est vrai. Pendant ce temps il y a tout lieu de penser que les problèmes actuels n’auront fait qu’empirer mais la connaissance du grand dessein d’aménagement du territoire en matière de transport, et la mise en œuvre progressive des parties les rapides à réaliser de ce plan, susciteront une dynamique et apporteront un espoir.

Les problèmes de transport à résoudre :

Les problèmes de circulation pour les Rhétais peuvent ainsi se résumer :

-Comment assurer des liaisons assez fréquentes pour être concurrentielles de la voiture, rapides et fiables quant à la durée du parcours entre Ré et La Rochelle en saison et hors saison ?

-Comment assurer des liaisons de cette même qualité entre les communes de l’Ile ?

-Comment réduire les nuisances de la circulation dans Rivedoux, qui offre la double particularité d’être le point de convergence des trafics des routes nord et sud et de ne pas avoir de boulevard de contournement comme toutes les autres communes de l’ile ?

Ces trois problèmes sont pour partie liés mais pas complètement cependant, étant observé que le transport routier individuel ne résoudra jamais seul ces problèmes, notamment en saison, en période de vacances et les week-ends puisque chacun se refuse à voir créer du sud au nord de l’Ile une deux fois deux voies et voir doubler le pont routier, pour des raisons évidentes. Cette solution du « tout routier » ne résoudrait pas au demeurant le problème si important de l’accès au centre de La Rochelle aux voies d’accès déjà saturées.

1) Les liaisons Ré-La Rochelle ville et gare

Je traiterai d’abord ce problème car il est le moins évoqué, les réflexions portant surtout sur les transports à l’intérieur de l’ile. Or, tant pour les résidents permanents travaillant à la Rochelle et pour les adolescents allant y étudier que pour tous les résidents principaux ou secondaires et leurs visiteurs le fait de pouvoir aller ou revenir de La Rochelle en un temps raisonnable et certain ( ne serait ce que pour pouvoir prendre un train à la gare ou aller à son emploi ou au lycée et en revenir) est primordial, l’inverse étant d’ailleurs vrai pour les habitants du continent voulant venir dans l’ile pour leurs loisirs, même si c’est moins vital .

Or il faut bien constater que la circulation sur le pont de Ré, sur le périphérique de La Rochelle, est de moins en moins fluide en période touristique, et surtout que, toute l’année, les voies d’accès de la rocade à La Rochelle-centre ou gare sont de plus en plus saturées. Et cela empirera dans les 10 ans à venir, notamment si l’aéroport de La Rochelle fait place à une vaste zone urbanisée, comme il en est question, après son transfert à Rochefort.

Comme on ne va pas éventrer l’accès au centre de La Rochelle, doubler le pont et le périphérique de La Rochelle, la seule solution fiable sur le long terme consiste à créer une liaison de transport en commun en site propre entre La Rochelle-gare ( et donc La Rochelle-ville, la gare étant multimodale et près du centre) et le sud de l’Ile de Ré . Au demeurant cette liaison aurait pour effet de diminuer fortement le trafic automobile, notamment en saison. Elle permettrait aussi de diminuer la vulnérabilité de l’ile de Ré en cas d’accident sur le pont ( cf actualité récente). Si cette idée parait aussi utopique qu’en son temps celle de créer le pont routier, qui a été réalisé, elle correspond aux nouvelles donnes de l’économie urbaine des prochaines années et aux évolutions déjà observées en France .

La solution que je propose est simple : créer une liaison ferrée entre d’une part la gare de La Rochelle et d’autre part une gare d’arrivée multimodale dans le sud de l’Ile de Ré, où arriveraient les bus assurant la circulation interne dans l’ile, gare multimodale comportant parkings pour voitures, garages à vélos et à deux roues motorisés, station de taxi et gare de bus bien sûr.

Cette idée serait fantaisiste si cette liaison n’existait pas déjà entre la Rochelle Gare et la gare maritime de La Pallice, face à Ré, sous forme d’une voie ferrée réservée au frêt, bien entendue totalement apte à tous égards à accueillir le passage de 8 navettes ferroviaires par heure ( une tous des quart d’heure par sens). L’idée serait d’autant plus valorisable, que cette navette ferroviaire Ré- la Rochelle Gare pourrait comporter 1 ou 2 arrêts entre la gare maritime et la gare de La Rochelle, ce qui en ferait aussi un transport en commun en site propre avec l’Ile de Ré pour les habitants et les employés de la banlieue ouest de La Rochelle, comme pour les autres habitants de l’agglomération, au prix d’un changement en gare de La Rochelle

En fait, de cette manière, l’Ile de Ré ferait pleinement partie d’un réseau de transports en commun à l’échelle de l’agglomération rochelaise et aurait largement supprimé son handicap d’insularité pour accueillir des emplois et des résidents permanents (par exemple pourquoi pas une antenne de l’Université de La Rochelle), sauvegardant ainsi ses écoles, ses petits commerces etc… donc son équilibre social et humain au lieu de devenir progressivement une villégiature aux volets clos 8 mois sur 12.

Cette réalisation nécessiterait bien sûr la traversée de la navette ferrée entre le continent et l’ile de Ré.

La solution du tunnel immergé, trop coûteuse, et celle du pont transbordeur, sans doute inacceptable par les affaires maritimes et les utilisateurs de bateaux, paraissant devoir être écartées, deux possibilités paraissent se présenter, le choix ne pouvant se faire entre elles qu’après la réalisation d’ études techniques, juridiques et financières

- Une simple liaison « navale » rapide par un bac spécialement conçu pour porter à la fois la navette ferrée et des piétons et cyclistes ayant laissé leur voiture sur les parkings de dissuasion crées à La Pallice et à la gare multimodale coté Ile de Ré en réutilisant, après aménagement, les anciens terminaux du bac.

Cette navette ferroviaire, de type tram train comme le T2 entre la Défense et Paris circulant sur une ancienne voie ferrée, pourrait avoir la capacité de deux bus, sur un ou deux étages, et serait donc assez courte pour pouvoir être transportée par bac.

- Une liaison en utilisant le pont réaménagé pour le doter d’une voie en site propre pour les navettes ferrées, ce qui est peut être possible si on supprime les voies piétonnes et cyclables, piétons et cyclistes prenant la navette ferré. Cette voie serait utilisable dans les 2 sens alternativement, le feu changeant toutes les 6 mn environ, ce qui ne constituerait aucune gêne pour la navette ferrée compte tenu de la fréquence envisagée ( une liaison tous les quarts d’heure dans chaque sens soit 8 trajets de navette par heure) et de la durée de traversée du pont avec une voie libre car dédiée ( 3 mn environ) .

Cette solution, si elle est réalisable techniquement en terme de support de charges reportées partiellement plus sur les extérieurs du pont) aurait évidemment un triple avantage par rapport à la liaison bac :

° assoir juridiquement la prolongation du péage

° rendre le trajet plus rapide en l’absence de rupture de charge, ce qui est très important

° permettre aux véhicules de secours sanitaires, de police, d’urgence diverses, en faible nombre, d’utiliser cette voie de la navette qui devrait être de type tram-train afin de rendre cela possible. Or ceci est très important les bouchons sur le pont existant justement lorsque la grande affluence touristique crée divers problèmes nécessitant un passage rapide de divers véhicules de services publics.

La navette ferroviaire pourrait dans un premier temps arriver seulement à la station de bus de Sablanceaux, toute proche de l’arrivée de la navette à Ré.

Dès ce stade, les Rhétais seraient assurés de gagner la gare de La Rochelle puis tout le réseau multimodal de la gare en environ 20mn de façon absolument sûre, quelque soit l’évolution du trafic routier sur les bretelles d’accès à La Rochelle dans les prochaines années. Et réciproquement pour les Rochelais ou touristes.

Mais l’intérêt de la liaison ferroviaire La Rochelle-Ré serait considérablement accru si, dès l’origine ou dans une deuxième phase, le terminus se situait plus au nord, au-delà de Rivedoux, à une gare multimodale située entre Rivedoux, La Flotte et Saint Marie : Ceci permettrait aux bus desservant l’intérieur de l’ile, aux voitures venant poser des passagers ou se mettre au parking pour la journée pour emprunter la navette, de ne plus traverser Rivedoux. Ceci réduirait les nuisances pour les habitants de la commune mais réduirait aussi considérablement le temps d’accès à la navette vers La Rochelle, notamment en saison, pour tous les rhétais ou touristes ; car cette gare multimodale, située bien en amont du goulet d’étranglement provoqué par la jonction des trafics des deux routes nord et sud à Sablanceaux, serait facilement raccordée à ces deux routes nord et sud par des voies secondaires desservant la gare multimodale, généralement déjà existantes. En outre, la majorité des habitants de l’ile serait à moins de 6 km en vélo de la gare multimodale ( les centres de Rivedoux, La Flotte et Sainte Marie, étant même à 3km environ, ou moins)

Cette liaison pour la navette ferroviaire entre Sablanceaux et la nouvelle gare multimodale au nord de Rivedoux ne pourrait se faire par une nouvelle voie terrestre coupant encore Rivedoux en morceaux, le tissu urbain de Rivedoux ne le permettant pas semble t-il.

La solution donc, pour créer une voie en site propre pour la navette ferroviaire, simple techniquement et relativement peu coûteuse, parait consister dans l’ immersion, sur un peu plus de deux kilomètres, d’un tunnel dans la baie de Rivedoux, entre les parcs à huitres et la côte, tunnel se prolongeant sous la D735 par un tunnel classique débouchant 400-500 m plus loin vers la route du Haut des Bois, en limite de zone habitée

Ce tunnel de la navette ferrée, à voie unique compte tenu des fréquences envisagées ( un croisement des navettes étant organisé à Sablanceaux avant passage du pont ou du bac). serait invisible de Rivedoux et sans impact paysager car constitué d’un tube immergé enterré de façon à ce que sa partie supérieure soit juste au dessous du niveau de l’estran de la baie de Rivedoux. Il serait d’un assez faible coût car enfoui en tranchée couverte.

Ce premier volet apporterait déjà de nombreux bienfaits en terme de réduction du trafic automobile, de fiabilité des temps de transport. Il permettrait aussi de développer l’habitat permanent au détriment de l’habitat secondaire grâce à l’accessibilité des zones d’emploi pour les Rhétais (La population permanente de Ré est aujourd’hui celle d’il y a un siècle…)

Aux 3 arrêts de La Pallice, Sablanceaux et Rivedoux nord seraient réalisés des gares multimodales comportant parkings de dissuasion gratuits pour la journée, garages à vélos sécurisés, station de taxi, gare de bus, location de vélos.

2) Les liaisons à l’intérieur de l’Ile :

Il faut bien distinguer les problèmes au sud de ceux au nord de La Couarde ou même du carrefour des deux routes nord et sud à Saint Martin parce que les problèmes, si l’on met à part les bouchons de l’extrême sud liés à la liaison avec le continent, dont souffrent tous les habitants de l’Ile, y sont très différents pour deux raisons simples :

- Il n’y a qu’une route sans échappatoire au nord de La Couarde mais deux au sud

- Il y a en saison des flux considérables au nord de La Couarde dus au nombre de résidents secondaires, de campeurs, de touristes de la journée, venant du continent ou du sud de l’Ile, attirés par la beauté et la diversité des plages du nord de l’ile, le tropisme vers la « fin des terres », le coté mythique de « Trousse Chemise », l’attrait du phare des baleines et de ses points d’intérêt environnants, les agréments des villages de Loix, d’Ars et des Portes.

Le résultat est qu’en période de congés scolaires ou les week ends, il peut y avoir des bouchons sans fin sur cette section faisant que quelqu’un voulant prendre un train ou accéder à son emploi est sans certitude du temps qu’il mettra.

C’est pourquoi le trajet routier pour le bus entre La Couarde, (et même Saint Martin

à partir du carrefour des routes nord et sud) et le carrefour du Phare des Baleines, mérite un traitement particulier, étant observé que la desserte de Loix à partir du carrefour avec la départementale ne pose pas de problème. Il est évident aussi qu’il faudra dans un deuxième temps trouver une voie bus entre Saint Martin et la gare multimodale au nord de Rivedoux, qui devra être accessible dès sa création à la fois par les routes nord et sud e voiture et en bus depuis Saint Martin pour assurer la cohérence de l’ensemble. Mais des solutions paraissent exister.

La solution que je propose pour assurer la fluidité des transports en bus dans l’ile tient compte du fait que les dépenses doivent être limitées afin de tenir compte du caractère saisonnier des difficultés de liaison, contrairement au problème de la rapidité et de la fiabilité des liaisons Ré-centre de La Rochelle qui se pose plus ou moins toute l’année du fait du trafic propre à l’agglomération rochelaise et des besoins des résidents permanents pour l’accès à l’emploi, aux services, au Lycée etc .

L’idée est de créer sur cette section une voie en site propre ou quasi propre pour les bus, à moindre coût, cette voie n’étant utilisée que lors des congestions de trafic bien sûr. Comment ? En trouvant des solutions empiriques à partir des principes suivants

- La voie, réservée aux bus par des bornes actionnées depuis les bus automatiquement, serait à voie unique, utilisable dans les deux sens, car là encore, une liaison tous les quart d’heures dans chaque sens n’implique que 8 passages maximum par heure si les deux cotés de la départementale sont bloqués simultanément. Mais ceci étant rare, les bouchons étant en général dans un sens ou dans l’autre, il s’agit en fait de 4 passages par heure le plus souvent) et il est facile de disposer des équipements électroniques permettant de donner le passage des bornes mobiles seulement si la voie est libre. En outre, il serait facile de créer des lieux de croisements sur la voie en site propre tous les 300m par exemple, là où il y a de la place. Il serait aussi possible, s’il y a bouchon dans un seul sens ( ex : retour des plages du nord le soir, fin de week-end etc..), de mettre cette voie en site propre ou quasi propre, en sens unique, ce qui permettrait alors l’utilisation de la voie par les véhicules de police, de pompiers, de secours, les ambulances. Ceci serait particulièrement utile en saison, lorsque ces véhicules sont englués dans les bouchons

- La voie serait créée de manière pragmatique : Elle pourrait être consister ici en un couloir séparé protégé par bordure type couloir de bus à Paris, en bordure de la départementale, là en une voie existante secondaire agricole. renforcée, là enfin en une voie urbaine peu fréquentée ( ex : le bus pourrait, en cas de bouchon, utiliser le chemin des Brardes, à La Couarde, dont on ménagerait un débouché sur la départementale, débouché condamné au trafic automobile par une borne automatique déclenchée par le seul bus : 8 passages de bus par heure n’est pas une nuisance et les habitants disposeraient en contre partie d’un arrêt dans leur quartier).

Ceci suppose, à partir de ces principes, une étude fine sur le terrain pour utiliser au mieux les possibilités, réduire les coûts, éviter les effets pervers, respecter les intérêts légitimes de tous, afin que chacun soit gagnant, l’objectif étant de pouvoir garantir un temps de parcours maximal entre un bout et l’autre de la liaison et par delà à la station ferroviaire multimodale pour ceux qui veulent aller à La Rochelle. Cette liaison aurait les gros avantages suivants :

- Elle serait assez peu chère à réaliser,

- Elle serait réalisable de façon fractionnée, chaque fraction apportant déjà un bénéfice à la qualité de la liaison par le bus,

- Elle réduirait le trafic automobile dans le nord de l’Ile bien des personnes ayant intérêt à prendre le bus du sud de l’ile, après avoir pris éventuellement la navette ferroviaire et changé à la station multi pour se rendre dans le nord, leur retour de plage se faisant bien plus vite.

3)La réduction des nuisances dans Rivedoux, « village martyr » des nuisances automobiles :

Cet objectif important serait déjà largement atteint par la réalisation évoquée en 1) de la liaison ferrée La Rochelle- Ré avec création d’une station multimodale au nord de Rivedoux : le village serait débarrassé d’une part importante du trafic lié aux liaisons entre l’Ile et La Rochelle .

A plus long terme, à partir des études réalisées pour la liaison ferrée dans la baie de Rivedoux, il serait possible d’envisager parallèlement à cette voie et selon le même procédé technique en gros, de réaliser deux minitunnels immergés pour le trafic de vl , débouchant lui aussi au nord de Rivedoux. Mais ceci n’inciterait-il pas plus les automobilistes à entrer dans l’Ile ? Un transport en commun attractif accessible au débouché de la rocade avant le pont avec parking de dissuasion contre la station de la navette ferroviaire à la gare maritime parait une solution plus prometteuse : il faut accepter le bouchon à l’entrée de l’ile en période de pointe sauf à limiter le trafic par la réservation au préalable de son « ticket d’entrée dans l’ile », comme cela est le cas de plus en plus pour visiter une grande exposition. Mais cela créerait une véritable révolte des usagers occasionnels imprévoyants ou non informés.

Le financement :

-L’aménagement de la voie ferrée entre La Rochelle et La Palice ainsi que le matériel roulant ne paraissent pas devoir poser plus de problème de financement que la liaison entre la Rochelle et Aytré, en cours. Il s’insère dans l’aménagement normal d’un réseau moderne interconnecté entre les divers quartiers de l’agglomération rochelaise, dont nous sommes dépendants à bien des égards et dont nous faisons partie depuis que nous sommes devenus une presqu’ile… qu’on le regrette ou non.

-La liaison ferroviaire « continent »- gares multimodales à Sablanceaux puis, dans une deuxième phase, au nord de Rivedoux, la seule très lourde, nécessite un financement particulier : celui-ci pourrait être européen, national et régional) , mais comporter aussi le versement d’un péage sur le pont maintenu à cet effet en sus de l’écotaxe, ou par utilisation d’une partie de l’écotaxe, les effets positifs sur l’environnement de la réduction du trafic automobile justifiant ce versement, selon le montage législatif.

En outre les usagers de la navette ferrée paierait une petite contribution( faible pour que la liaison soit très attractive par rapport à la voiture) en sus du prix normal du tc entre La Rochelle et La Pallice. Enfin les rhétais ( tous ceux qui payent des impôts locaux à Ré) et les usagers habituels du pont ( entreprises etc..) apporteraient la contribution d’un abonnement à prix très attractif (pont et TC) correspondant au prix de quelques passages pour les usagers occasionnels.

Par contre, il faudrait pouvoir réguler le trafic automobile sur le pont en pouvant moduler librement les tarifs pour les « occasionnels » auxquels serait par contre proposé un accès financièrement plus intéressant par la navette comme un package familial comportant le prix de stationnement au parking de dissuasion de La Pallice, l’usage pour la journée de la navette ferrée vers l’ile et des bus de l’ile et, en option, la location de vélos ( l’attrait de la formule reposerait aussi sur les bonnes correspondances et la plus grande rapidité de déplacement dans l’ile qu’en voiture)

-Les aménagements de voierie dans l’ile pour permettre au bus de disposer d’une voie libre en cas de bouchon, se feraient progressivement par la communauté de commune, progressivement, avec les concours habituels pour les aménagements routiers.

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- En conclusion : un combat difficile mais indispensable

Une solution du type de celle que je propose, choisie et mise au point après maintes études et concertations permettant de l’optimiser, est la seule qui permette de répondre sur le long terme au problème d’aménagement du territoire posé par les difficultés de transport dans l’ile et entre l’ile et le continent. Elle seule répond aux nouveaux challenges que sont la protection de l’environnement, la limitation des nuisances , les économies d’énergies et notamment de pétrole. Elle seule répondra de façon sûre à ce besoin et à cette liberté fondamentaux qu’ est la faculté de se déplacer. Elle devra s’accompagner bien sûr de mesures de limitation de l’urbanisation et du développement de l’hôtellerie de plein air, notamment dans le sud, mais aussi de dispositions dans les PLU permettant de réserver certains des terrains urbanisables à la construction de logements pour la résidence principale, sociaux, en location ou en accession sociale à la propriété, dans chaque commune. La grande crise immobilière qui se profile, est une bonne occasion pour mettre en œuvre une politique coordonnée dans ce domaine

Il faudra de la part des responsables politiques de l’Ile mais aussi de La Rochelle et des communes de son agglomération, qui sont, je l’ai bien montré, très concernées, une volonté de fer et une grande constance dans l’effort pour faire avancer le dossier. Mais ce n’est pas impossible, même si le vieux réflexe est de lever les bras face à un investissement en transport en commun alors que, trop souvent dans le passé, on a fait sans compter des investissements routiers. La Région Ile de France, où les priorités ont été inversées, et des grandes métropoles régionales ont montré l’exemple. Au niveau de l’Etat, les esprits évoluent fortement. Il reste à montrer qu’une ville moyenne et sa voisine, un grand site environnemental et touristique, notre ile, peuvent elles aussi élaborer un projet cohérent à moyen et long terme pour résoudre des problèmes de fond d’aménagement du territoire. Pour la Communauté de Communes, comme pour l’agglomération rochelaise, l’adoption d’un tel grand projet changerait bien des perspectives .

Il n’est que temps d’agir de trois manières :

- Créer une cellule de concertation comprenant des représentants de la CDC de l’ile, des représentants des associations de l’Ile, de l’agglomération rochelaise et du Conseil général pour aboutir à un consensus sur un type de projet comme celui exposé ci-dessus avant de le proposer à la Région et à l’Etat, cette cellule réduite pour être efficace auditionnant bien sûr les représentants de l’Etat ( affaires maritimes etc..), de la Chambre de Commerce, de la SNCF et des autres parties prenantes ainsi que des experts, comme les grandes entreprises de TC ou du bâtiment sur les solutions a priori possibles pour la liaison La Pallice- gare multimodale de Rivedoux nord. Elle recueillerait aussi les propositions de chaque maire de l’ile au sujet des itinéraires protégés de bus dans sa commune.

- Quand un projet ayant une certaine crédibilité aurait été bien esquissé, d’une part transcrire dans le projet de schéma directeur d’aménagement de l’ile toutes les dispositions permettant de rendre ce projet possible après la concertation nécessaire, d’autre part réviser les PLU pour introduire les dispositions nécessaires enfin adopter les dispositions légales etc.. ;rendant administrativement le projet possible

- Après adoption de ces documents, lancement avec le concours de l’Etat et des collectivités locales de la mise au point du projet technique et financière dans un cadre opérationnel.

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